mercredi

I'm a little dinosaur

Je cherche un cadeau pour Kim le jour de son anniversaire et je retrouve cette compilation à laquelle nous avons participé tous les deux en 1996.

























Le soir, je regarde la page du 6 avril dans le livre "Fortune Cookies" de Ramuntcho Matta et David König :

Le retour du fils prodigue



Bertrand Belin : Dans Tout a changé, un type part, vit des expériences, s’enrichit au contact d’un monde qu’il a tardé à découvrir, et, aveuglé par les feux d’artifices de son expérience, quand il revient chez lui galvanisé, il regarde autour de lui et dit : « Rien n’a changé ». Mais ses parents, les autochtones, lui répondent que si, que tout a changé, pas dans les mêmes proportions, mais que la commode n’était pas là et que pour eux, ça a relancé leur vie de six mois de nouveauté…

« Ca fait penser moins… » dit la chanson.

Oui, « La cave est vide, la mare est comblée », ça signifie : « On s’est débarrassés de tes affaires, de ce qui nous encombrait. » Ca fait penser moins. Mais moins à lui aussi… Ca allège de la torpeur de son absence...

Extrait d'un entretien sur Chronic'art 






































Rembrandt - Le retour du fils prodigue

Evangile selon Saint Luc,  15:11–32

mardi

Men Machines


 « Quand j’ai découvert que j’étais sourde, au lieu de m’angoisser, ma première réaction a été la surprise d’entendre la vie, la vie intérieure. Quand tu es sourd, tu n’entends pas les sons extérieurs, mais tu entends tout ce qu’il y a à l’intérieur, que tu n’entends pas normalement : ton sang qui pulse, ton cœur qui bat... Ma première réaction a donc été de me dire "Ah c’est fulgurant cette vie qu’il y a à l’intérieur ! Je survis.". Et ma seconde réaction, a été de me sentir dans une bulle, dans un cocon, préservée, en sécurité. Je suis alors partie en convalescence en Haute-Savoie, dans un chalet, sans eau ni électricité. Là, j’avais une harpe, et je me suis soignée à l’intuition. Tous les jours, pendant près d’un an, je jouais de la harpe, et il y avait une sorte de frottement qui se passait. C’est la résonance osseuse : quand tu joues d’un instrument et que tu chantes la même chose, même si tu ne t’entends pas, il y a une espèce de résonance, de frottement entre les deux, et c’est à partir de ça, en travaillant quotidiennement, que je me suis soignée, sans  trop savoir ce que je faisais. Quand j’avais des acouphènes, je chantais la même note que l’acouphène dans ma tête, et hop, il partait. Je faisais des sons bizarres avec ma bouche. Ou de la psalmodie, comme dans les liturgies, en faisant résonner la voix. Et petit à petit, j’ai commencé à entendre plus, et puis c’est revenu. J’ai encore quelques lésions, je n’entends pas quelques hertz très aigus, mais ça ne me gêne pas, ni dans la vie, ni pour la musique, je fais avec. »
Emmanuelle Parrenin, extrait d'un entretien paru dans Usbek & Rica #4

 « En tant que musiciens, on joue des instruments, et on créé ce langage, le son, avec des guitares, des batteries, que l’on joue avec notre corps. Mais quand on ouvre la bouche et que l’on commence à chanter, on ne s’exprime plus à travers le corps, mais à travers l’âme. C’est une résonance à l’intérieur de nous, qui passe par notre cavité interne, notre diaphragme, nos cordes vocales : c’est une machine, très élaborée, très évoluée. Chacun porte en soi ce potentiel sonore, que nous utilisons pour communiquer, par le langage, mais quand nous chantons, ce son devient de l’art, un langage transcendant. Nous avons tous cette capacité et chaque voix est idiosyncrasique, différente, unique. C’est pourquoi aux États-Unis certains l’appellent « la harpe sacrée », parce que ce n’est pas une machine créée par l’homme, mais une machine dessinée à l’intérieur de nous par Dieu, un instrument sacré. » 
Sufjan Stevens, extraits d'un entretien à paraître dans 3 Couleurs



 « Nous concevons notre ensemble comme un organisme, un peu comme un corps humain. Chaque partie du corps a une fonction bien déterminée, mais ce sont leurs actions conjointes qui le font vivre. Dans le corps humain, tout marche ensemble : il y a le cœur, il y a le sang, tout est en mouvement perpétuel. Ce que nous recherchons est donc un mouvement interne à l'ensemble, mais qui doit être harmonieux. D'où le nom de notre formation, Le Jardin Harmonieux. »

jeudi

Rimes






































Notes pour le Hors-Série de 3 Couleurs sur Kubrick...

Le Baiser du Tueur (1955)
Montage paralléle, miroirs qui se font face, fenêtre sur cour.

Davey nous regarde dans le bocal à poisson (fish-eye)


















On regarde Davey dans le poste de télévision.


















Le ring de boxe fait irruption sur la piste de danse.


















La danse est un corps à corps.


















On voit à travers l’œil de Davey, KO.


















Comme on a vu à travers le regard de la morte, dans Fear & Desire
(et son tueur se transformer en poisson).



 Ce que Bill essaie de voir dans l’oeil de la morte, dans Eyes Wide Shut.



















Davey nous dit « Look » lorsqu’il est au téléphone, tandis que nous la voyons se déshabiller dans le miroir. Les sous-titres français traduisent « Look », par « Ecoute ».



















Il redit « Look, Gloria » plus tard, chez elle, lorsqu’il est à genoux devant elle et qu’on les voit de derrière les barreaux du lit.


















Dans Eyes wide Shut : « Look at yourself Alice ! God you ‘re absolutely stunning »




















Dans I’m sorry, Peggy Lee, chante pour les petits chiens.

mardi

L'intérieur

Fugue, de Mehdi Zannad, comme Apocalypse, de Bill Callahan, explorent leurs territoires en allant plus loin vers l'intérieur. Mehdi en voyages provinciaux au cœur d'une France fantasmée, Bill en lonesome cowboy mineur, creusant son sillon "deeper and deeper". Les frontières à repousser sont celles de l'esprit.
En même temps, il y a Le Plein Pays :


lundi

Veillée II

Le nouvel album de Bill Callahan s'intitule Apocalypse, sa pochette est aussi immaculée que celle du White Album des Beatles, les premiers mots en sont "Real people went away" et il se finit par un road-trip avec des squelettes, qui n'a rien à envier à The Road, de Cormac McCarthy.
Tout est dit.
(à prendre absolument à la lettre)


(Un rêve de chanson, dans son album précédent)

Toutefois, Dharma Guns de F.J.Ossang joue avec la lumière comme Marsile Ficin avec les mots. L'Hôtel Splendor ("éclat"), différentes nuances de gris, et l'iris de la caméra qui s'ouvre et se ferme, font penser que :
"l'ombre est très exactement la lumière en tant qu'elle est relative au degré d'être qui lui est supérieur. Toute lumière, exceptée celle de Dieu, est donc en même temps une ombre."
(une note de bas de page dans Quid Sit Lumen, de Marsile Ficin, ed. Allia, p.22)


Bah.


(hors-les-bords, lisière, surface, profondeur, Orphée, Osiris, Mahaef, plongée, contre-plongée) Sur un morceau de Lard.


Il me semble que tous les gens qui écrivent sur leurs blogs, ou sur leur mur, réclament un peu d'aide.

dimanche

Veillée

Des hommes et des dieux
Rien à voir, sinon la constante désapprobation narquoise de Michael Lonsdale, vrai croyant, à l'endroit de Lambert Wilson, faux curé. Foi sincère contre bons sentiments surjoués. Imposture des "premiers" et "seconds rôles" du cinéma français. Les premiers sont les seconds.

Rubber
On peut faire gober n'importe quoi aux spectateurs, en les maltraitant un peu :
- qu'ils verront mieux les films avec des lunettes.
















- que Rubber ne délivre aucun message ("no reason"). Les gens croient (et répètent) tout ce qu'on leur dit (surtout quand c'est un flic qui leur parle).

Quentin Dupieux-Mr Oizo intitule son album Lambs Anger, en référence à l'Apocalypse de Jean, et fait des clips comme Stunt, (joli tee-shirt "Church of Christ", pompes devant la Croix à la fin). Robert, donc, c'est Jésus, venu pour juger les derniers (on n'est plus très nombreux tu sais, chaises vides, désert, restent les plus acharnés, à vouloir voir le spectacle jusqu'au bout), et leur exploser la tête. Il se réincarne en tricycle (père, fils et tutti-quanti) et appuie enfin là où ça fait le plus mal, c'est-à-dire sur la faille de San Andreas (Hollywood, empoisonnement collectif pendant Thanksgiving). Les derniers sont juste les derniers.
Ici, une chronique copiée-collée sans avoir vu le film, à l'époque pas très loin de la vérité.

"Pas très loin de la vérité." Comment peut-on écrire un truc pareil ?

mardi

Femme n'existe pas

Films de femmes, les femmes s'en mêlent, journée des femmes, femmes en sport... J'aime La Femme.



Plus tard, quelqu'un qui écoute cette chanson dit : "Si tu as le goût des extrêmes, écoute ça.



Le goût des extrêmes.



La Femme devient soudain moins attrayante. L'influence.