mercredi

V/A PUNK 45 Vol.1, 2 & 3 - Soul Jazz Records



Dans l’ombre en Angleterre des Buzzcocks, Sex Pistols ou Clash, et aux U.S., des Ramones, Modern Lovers ou Stooges, la scène alternative et DIY punk eut son lot de pépites qui ne passèrent pas aussi bien à la postérité, faute de chance ou de persévérance (la plupart des groupes en présence ne sortirent qu’un ou deux singles autoproduits), ou simplement, peut-être, parce que le punk fut par essence un mouvement éphémère, explosif, juvénile. Soul Jazz ressort de leurs tombes ces enragés spontanés,  enregistrant dans leurs garages des brûlots lo-fi échevelés (et parfois écervelés), débutant par les « One, two, three, four ! » ou « One, two, cut your hair ! » (Johnny Moped) braillés de rigueur.

Suite de ma chronique sur le site de Chro, ici

vendredi

Mac DeMarco – Salad Days



Mac DeMarco – Salad Days (Captured Tracks/Differ-ant)

Petit frère du slacker Stephen Malkmus et du rêveur Ariel Pink, le jeune (23 ans) DeMarco commet là son premier chef d’œuvre, après un impressionnant premier album (intitulé 2, lol). A star is born, donc : guitares virtuoses, entre riff funk et picking afro ; chant paresseux, tranquille, lointain ; mélodies qui enivrent, endorment, s’installent dans votre inconscient ; arrangements subtils, sensibles, solaires. Tout ici est bon, beau et volupté, comme un slow dansé par Prince et Lennon sur une plage californienne, en 1975, sous LSD.

Chroniquette parue dans Trois Couleurs #121, lisible ici

jeudi

Swans - To be kind (Mute)




Mystiques, apocalyptiques, soufis électriques, les mythiques Swans de Michael Gira reviennent avec un nouvel (double) album, gorgé de fée-sorcière électricité et de chamaneries vaudou-orientales, complexes progressions saturées, résultantes des concerts-cérémonies de la dernière tournée. Birthday Party sans la party, Nick Cave dans la cave, Secret Chiefs 3 au maître fou, le hurleur Gira, ces cygnes sont les noirs signaux d’une fin du monde déjà passée, comme un écho bruitiste, un ange sonique. In your face.

Chroniquette parue, avec celles de Tune Yards, Mac DeMarco, Joakim, et Villette Sonique dans Trois Couleurs #121, dispo ici. 

vendredi

Miossec, tout baigne.





 Christophe Miossec, chanteur à boire, baiser, brûler, devenu sobre (mis au sec, on ose le jeu de mot) et presque vieux sage, sort un nouvel album, Ici bas, Ici même, apaisé mais pas moins brûlant, entre protest et love song.  

 J'ai fait un portrait de Miossec dans le dernier Trois Couleurs, p.79 du PDF ici : http://issuu.com/troiscouleurs/docs/120-web-simple












Et voici quelques chutes d’interview non publiées :

« Il faut lire Eric Chevillard. Il a fait 19 bouquins. On a exactement le même âge.  Il a publié Mourir m’enrhume aux éditions de Minuit, quand il avait 21 ans. Moi j’avais 21 ans aussi, et à l’époque, j’avais arrêté la musique pour commencer la littérature. De lire Chevillard aux éditions de Minuit,  aux côtés de Toussaint, Echenoz, et de manière tellement virtuose, ça a mis un coup d’arrêt à mes velléités d’écrivain. Publier un livre, c’est un acte grave. La rentrée littéraire, avec 600 bouquins, c’est n’importe quoi. Déjà, si les critiques littéraires écrivaient mieux…

Les bouquins d’Henri Calet sont jonchés de petites chansons populaires. C’était un écrivain du 14ème… arrondissement. Qui est mort un 14 juillet en plus. Il faut lire Monsieur Paul. Il y a des écrivains qui citent d’autres auteurs, ou des aphorismes, mais lui cite des chansonnettes. 

J’ai gagné ma croûte dans l’écriture entre 20 et 30 balais, jusqu’à me retrouver chez Gallimard un jour.  Sur ma feuille de paie, il y avait écrit « rédacteur spécialisé », une sorte de nègre, ou de créole. Dans Ouest France, j’étais beaucoup influencé par des gens comme Philippe Garnier. J’étais à Brest, je connaissais vraiment bien la ville, et je faisais des articles sur les bars à putes, les baraques à frites… C’était assez intellectualisé : je voulais faire apparaître dans le journal tous ceux qui n’y apparaissaient que par le biais des faits divers. Quand on navigue la nuit, on récolte des sommes d’informations qui permettent de faire du journalisme politique finalement. Je me suis fait remarquer comme ça et Ouest France m’ont proposé de m’occuper de la musique, à l’époque où les disques avaient de la valeur.

L’utilisation du « On » dans mes chansons, c’était pour lutter contre le « je ». Quand j’étais en primaire, mon instit’ disait « Le on est un con ». Il ne fallait pas utiliser le On. C’était une sorte de fa dièse, de mot du diable, interdit. J’avais envie de changer d’angle. Généralement, la chanson française utilise le « je ». »