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C'est beau une campagne le jour
Un homme dans la voiture 13 : "A chaque fois que je prends le train, j'ai l'impression qu'on a copié-collé le paysage. Des campagnes, assez mornes pour que le regard glisse dessus et n'en retienne rien. Si bien qu'elles peuvent se répéter identiques pendant des heures sans que l'on ne remarque la récurrence des éléments qui les composent. Si on y prête un peu attention, saisissant un détail à la très grande vitesse de notre passage, on y verra des items revenir régulièrement : un jardin derrière une maison, avec une balançoire en plastique vert, ou une piscine gonflable bleue. Généralement, ces paysages sont vides d'habitants. On y dispose parfois une voiture un peu crottée qui fait semblant de suivre un bref instant le train qui nous emporte. On distingue à peine le conducteur, vite caché par un talus ou remblais qui soudain vient s'interposer entre la route et les rails, grandissant à vue d'œil, recouvrant le paysage de stries horizontales fluctuantes et marronnasses, avant de décliner à nouveau, de se rapprocher du sol et de découvrir à peu de chose près le même horizon que précédemment. D'horizon, d'ailleurs, on en voit peu. En général, une colline point trop lointaine interdit au regard toute prospection vers d'insoupçonnées profondeurs. Le point de vue est limité, tant par le temps qu'il nous est donné de l'avoir, que par ce qui le compose. Le paresseux démiurge qui a peint ce tableau en boucle semble ne jamais douter de notre crédulité, s'en amuser même, en répétant sempiternellement la même teinte verdâtre, quelle que soit la saison à peu de choses près, et dans n'importe quelle direction vers laquelle nous emporte le train, que ce soit nord, sud , est ou ouest. A peine consent-il à rajouter un peu d'ocre ici, un peu de blanc là, pour faire bonne mesure. Mais on le sent surtout soucieux de nous faire détourner le regard de ce paysage ennuyeux, et de retourner dans notre DVD Walt Disney loué par la SNCF, bien plus riche en couleurs et en émotions"
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mercredi
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Be kind rewind
En 1991,Tim Berners-Lee invente le World Wide Web. En 1990, quelque chose manque. J'ai raconté dans le dernier n° d'Usbek & Rica un petit parcours parisien avant Internet, où tous les outils qui aujourd’hui facilitent tant notre quotidien, brillaient alors par leur absence. Cherchez les erreurs.
Libellés :
Personal Branding,
Rica,
Usbek
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Ici Pâris II
Le Louvre va acheter "Les Trois Grâces" grâce aux dons du public.
Je suis content d'y avoir été pour quelque chose.
Je suis content d'y avoir été pour quelque chose.
samedi
Eucharist
Manger un grec, manger un japonais, manger un chinois, manger un thaï, manger un indien… J’hésite.
« Cette coutume (désagréable surtout pour ceux qui sont mangés) a très probablement, comme d’autres usages moins fâcheux, une origine magique. Manger un homme, c’est s’approprier une partie de la force de cet homme, c’est augmenter sa vie en absorbant une vie humaine toute formée. […] La communion symbolique des fidèles de Mithra, celle des disciples de Jésus, deux religions contemporaines, n’est point basée sur d’autres principes. « La chair et le sang », disent formellement les chrétiens, ou du moins ceux qui ont conservé la vraie tradition primitive […] La viande humaine qu’ingérait l’indien anthropophage s’assimilait plus facilement à son organisme humain. Manger de son semblable, c’est absorber une nourriture spécifique, et, si l’on peut dire, idéale. On sait d’ailleurs que les sérums agissent avec plus d’efficacité s’ils proviennent d’un animal de la même espèce. […] Les japonais auraient beaucoup plus d’avantage à se manger entre eux qu’à manger des russes. » Remy de Gourmont (1858 – 1915), Apologie du cannibalisme
jeudi
Ici Pâris
Quitte à choisir, j'hésite entre la plus grasse et la plus garce.
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