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lundi
Oneohtrix Point Never - Le jardin dans la corbeille
"Une part de ma technique de composition est anthropologique, archéologique. J’aime les déchets, j’aime ce qui est rejeté comme anachronique, obsolète, car je crois que ces choses n’auraient pas dû être abandonnées, qu’elles sont plus importantes, ou au moins aussi importantes que tout ce qui remplit les livres d’histoire. On peut les utiliser dans une nouvelle approche des formes. A la fin, tout revient pour moi à une forme. Il ne s’agit pas juste de regarder en arrière avec nostalgie, mais de chercher de nouvelles formes, sans être limité par aucune technique, car il n’y a aucune raison de l’être."
Huitième album de l’américain Daniel Lopatin, Garden of Delete sonne comme la synthèse (numérique, chaotique, quantique) de l’époque. De percussions MIDI en voix robotiques pitchées, de chorales synthétiques en arpeggiators saturés, « G.O.D. » est moins electronica nostalgique que pop formaliste, maniériste, baroque, ancrée avant tout dans la matière sonore, rendue presque aussi concrète qu’un bloc de béton ou un pic à glace frappant un zinc. De manière viscérale, organique, anxieuse, ce « jardin des effacés » (salon des refusés, art dégénéré ?) semble vouloir sortir de l’oubli et de l’évaporation les déchets et résidus, autant sonores qu’idéels, que notre surconsommation culturelle produit à outrance, et à perte. Apocalyptique, ce « Garden of delete » révèle et sauve l’inouï (au sens d’inentendu) de l’ostracisme historique pour le transformer et le sublimer en fleur mutante, tournoyante comme une pensée, et lui donner une nouvelle vie, une nouvelle enfance. Rencontre avec le passionnant Daniel Lopatin :
http://www.chronicart.com/musique/oneohtrix-point-never-le-jardin-dans-la-corbeille/
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mardi
Jean-Louis Murat
Jean-Louis Murat
revient avec un double album, Babel,
enregistré dans sa région, l’Auvergne, avec des musiciens locaux (le Delano
Orchestra, de Clermont-Ferrand), et explore comme jamais son territoire, entre
panthéisme et herborisation, idéal édénique et nostalgie d’un paradis perdu.
Extrait de l'interview réalisée avec Tom Gagnaire pour Chro #10 :
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vendredi
Baxter Dury

Plus aéré et entraînant encore que son prédécesseur, It’s a pleasure renouvelle les contrepoints mélodiques entre le bad lad et la pretty girl (ici la française Fabienne Debarre), soutenu par des rythmiques electro-pop minimales, basses, claviers et guitares mixés à leur juste et distincte place (par le collaborateur des Arctic Monkeys, Craig Silvey). Entre spoken words cockney et promenades enlevées dans les méandres de son cerveau, entrain et mélancolie incarnent chez Dury les deux faces du même autoportrait, et l'on sent toujours chez lui la volonté d'en découdre avec un passé qu'il balance par-dessus bord comme une plaisanterie graveleuse. Les filles, toujours les filles…
J’aime beaucoup la
manière dont ta voix et celle de ta chanteuse, Fabienne Debarre, se mélangent,
se répondent, comme des contrepoints.
C’est un « truc » mélodique, très
simplement : je ne peux pas chanter les refrains, parce qu’ils sont trop
hauts en termes de tonalité, alors j’utilise une voix féminine, dans la
tradition de Gainsbourg, pour « décorer » la musique mélodiquement.
Ce n’est pas réfléchi, conceptualisé ou théâtralisé, ni une juxtaposition
symbiotique entre le masculin et le féminin ou je ne sais quoi, mais juste la
structure mélodique des chansons qui commande ça, et le fait que je ne puisse
pas chanter les refrains. Enfin, j’aime le son de la voix féminine, comme un
instrument. La guitare peut être trop invasive, les claviers trop clichés ou
prétentieux, la voix féminine est juste… je ne sais pas… plus jolie. Et elle
agit bien en opposition avec ma voix, qui est plus « fucked-up ». C’est un schéma assez classique finalement :
le gars en colère et la jolie chose… Qui ne s’opposent pas forcément
d’ailleurs, mais comme faisant partie de la même bande, un peu comme Bonnie
& Clyde.
Extrait de l'interview parue dans Chro #9
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